Gilles Carrez

Député de Bry, Champigny, Nogent & Le Perreux

Retrouvez l’entretien de Gilles CARREZ dans le journal les Echos du 26 août dernier.

 

Quel jugement portez-vous sur le plan présenté hier ?
C’est un plan parfaitement adapté à l’objectif, à savoir le strict respect des engagements de réduction des déficits publics. Je regrette toutefois les mesures sur les taxes sur les boissons sucrées et les parcs à thème. Cela parasite la cohérence du plan, dont l’essentiel des mesures fiscales concerne le patrimoine, et donc les ménages les plus aisés, sans pour autant porter atteinte à la croissance.

Ne fallait-il pas aller plus loin sur la dépense ?
La dépense est extrêmement rigide
. Nous n’avons plus de marge sur les dépenses de fonctionnement ou de personnel. C’est donc sur les dépenses d’intervention qu’il faut agir, mais cela suppose des réformes d’ampleur qui ne se font pas à quelques mois d’une présidentielle. Il faudra recentrer nos dépenses d’assistance, d’assurance-maladie ou de chômage, comme nos voisins allemands ont su le faire il y a quelques années.

Les dépenses 2012 seront réduites de 1 milliard d’euros. Que préconisez-vous ?
Soit on parvient à identifier des économies possibles
, mais l’expérience m’a montré que c’est toujours bon pour le voisin, jamais pour soi. La seconde méthode est plus primaire : on applique une réfaction sur l’ensemble des missions et programmes. Cela signifie alors un effort d’environ 1 %, certaines dépenses étant exclues, comme le service de la dette ou l’emploi, ou les prestations.

Les députés siégeront le 6 septembre. N’est-ce pas un délai trop court ?
C’est une procédure tout à fait inhabituelle
. La lettre rectificative sera examinée mercredi en Conseil des ministres et les députés siégeront en séance le mardi suivant ! C’est un vrai défi pour le rapporteur général du budget qui doit expertiser les mesures. Or certaines sont massives, notamment la réforme des plus-values immobilières, un enjeu à 2,2 milliards d’euros dont les conséquences sur l’économie générale de l’immobilier peuvent s’avérer très lourdes. Comment pourrons-nous exercer notre pouvoir d’amendement ? Par cohérence, je proposerai d’ailleurs de supprimer les abattements sur les plus-values mobilières, qui entrent en vigueur l’an prochain. Pourquoi créer une nouvelle niche alors qu’on veut les supprimer ?

Propos recueillis par Véronique Le Billon, Les Echos