Gilles Carrez

Député de Bry, Champigny, Nogent & Le Perreux

septembre, 2011

Présenté mercredi 28 septembre en conseil des ministres, le projet de loi de finances (PLF) pour 2012 ramène le déficit budgétaire de l’État de 95,5 milliards d’euros à 81,8. Cette baisse de près de 15 % en un an a été obtenue, selon Bercy, au prix d’une diminution inédite de la dépense.

Dans un entretien croisé au Monde, le rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles CARREZ (UMP), et son président, Jérôme Cahuzac (PS), analysent les grandes lignes de ce budget.

Lire l’entretien ici: http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/09/28/un-budget-coince-entre-la-crise-et-l-election_1578763_823448.html

Source: Claire GUELAUD

Crédit Photo: Reuters.

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Gilles Carrez a livré à La Tribune son analyse du budget 2012 et du plan de rigueur du gouvernement.

La crise fait craindre un retour à la stagnation, voire la récession. La prévision de croissance sur laquelle repose le budget – 1,75 % – est-elle tenable ?

Il faudra la tenir. Ces dernières années, le gouvernement a retenu des hypothèses économiques réalistes confirmées par les faits. Diminuer encore cette prévision ? Cela reviendrait à afficher l’idée que nous broyons du noir. Si Christine Lagarde avait un peu trop insisté sur l’excellent résultat du premier trimestre, il ne faudrait pas tomber aujourd’hui dans l’excès inverse.

Les politiques d’austérité, menées partout, ne menacent-elles pas la croissance ?

Regardez l’Allemagne. Elle aura encore une croissance très élevée en 2011… Il ne faut pas se complaire dans une vision keynésienne qu’interdit l’état de nos finances publiques. Aujourd’hui, avec une dette représentant plus de 85 % du PIB, le temps de la relance par la dépense publique est révolu.

Sur quoi va se focaliser le débat fiscal au Parlement ? Les hauts revenus ?

Le gouvernement a prévu une contribution de 3%, au-delà de 500.000 euros de revenus annuels par part. Je pense que nous allons ramener ce seuil autour de 250.000 euros. Ainsi, environ 25.000 foyers fiscaux seraient concernés, au lieu de moins de 10.000. Nous serons alors en ligne avec ce que font nos voisins allemands, britanniques ou italiens. Un point fondamental cependant : à la différence de ce qui est prévu en Allemagne, nous intégrons les revenus du patrimoine et les plus-values dans la base de calcul de la contribution exceptionnelle, car ils constituent une très grande partie des ressources des « riches ». Ainsi nous plaçons sur un pied d’égalité, d’un point de vue fiscal, les revenus du travail et ceux du capital. En dessous de 250.000 euros, je crains que les revenus du travail ne soient davantage impactés.

D’autres curseurs auraient-ils pu bouger ? Aller au-delà d’une contribution de 3 % ? Imaginer une mesure pérenne, comme le réclame le PS ?

Relever à combien ? 5 %, ce serait énorme. Il faut raison garder. Quant à une taxe pérenne, nos prélèvements obligatoires sont excessifs. C’est une source de perte de compétitivité et d’emplois. Quand le commerce extérieur passe de l’équilibre en 2002 à 75 milliards d’euros de déficit en 2011, la question se pose de la compétitivité du site France. La seule manière de la restaurer, c’est de diminuer la dépense publique afin de pouvoir baisser les impôts. Aujourd’hui, on s’attaque seulement aux niches fiscales, c’est insuffisant. Notre énergie devrait davantage être orientée vers la recherche d’économies. Si nous gagnons les élections, nous en ferons une priorité. Il faudra aussi redéployer le financement de la protection sociale pour améliorer la compétitivité de nos entreprises.

En attendant, pour sécuriser les recettes, vous souhaitez reporter l’exonération prévue des plus-values mobilières…

Nous n’allons pas ouvrir une nouvelle niche fiscale au moment où on les ferme. Mais une variante est possible. Avec l’accord du gouvernement, nous pourrions limiter l’exonération au seul cas de réinvestissement dans l’entreprise en concentrant le dispositif sur les PME.

Propos recueillis par Ivan Best et Clarisse Jay

Résultats des élections sénatoriales sur le Val-de-Marne

Inscrits : 1992
Votants : 1980
Blancs/Nuls : 33
Exprimés : 1947

Ont obtenu :
– Liste JOLY (FN) : 18 voix
– Liste LAFON (ARES) : 218
– Liste CAMBON (UMP) : 518
– Liste HECK (Dissidente Ecologiste) : 19
– Liste JEGOU (MODEM) : 168
– Liste CARVOUNAS (PS-PC-EE) : 1013

Sénateurs élus: 6

Liste CARVOUNAS: 4 élus

Liste CAMBON: 2 élus (C. CAMBON et C. PROCACCIA réélus)

Mercredi soir (21/09) se tenait la traditionnelle réunion mensuelle de l’UMP de Bry-sur-Marne.

Animée par Dominique ROBLIN, conseiller général et suppléant du député et Jean HILDBRAND, délégué UMP de la circonscription, cette réunion de rentrée fut l’occasion de faire le point sur le campus de l’UMP à Marseille avec notamment la tenue d’un conseil national.

Après avoir fait le point sur le contexte politique national et international, la parole a été donnée à l’auditoire afin qu’une discussion s’engage entre les participants et les animateurs de la réunion.

Gilles CARREZ a ensuite rejoint la réunion pour évoquer la situation économique et financière que connait aujourd’hui notre pays et l’Union Européenne. Dressant un tableau réaliste de la situation délicate, Gilles CARREZ est revenu sur les causes de cette crise depuis 2008, passée de la sphère privée à la sphère publique entraînant la nécessité de réduire les déficits par des réformes sérieuses.

La situation de la Grèce, présente dans l’esprit de tous, a bien entendu été évoquée avec la claire volonté de solutionner le problème et non de l’ignorer en « éjectant » la Grèce de l’Union Européenne.

La réduction de ces déficits doit être accompagnée d’une réduction significative des dépenses publiques comme l’a souligné le député-maire et rapporteur général du budget.

Après plus de 2 heures de débat, la réunion mensuelle a pris fin.

Les participants ont remercié Gilles CARREZ pour son exposé et ont, semble-t-il, apprécié la franchise et la clarté des propos du député sur une situation qui pose, à chacun, bien des interrogations.

Retrouvez l’entretien de Gilles CARREZ dans le journal les Echos du 26 août dernier.

 

Quel jugement portez-vous sur le plan présenté hier ?
C’est un plan parfaitement adapté à l’objectif, à savoir le strict respect des engagements de réduction des déficits publics. Je regrette toutefois les mesures sur les taxes sur les boissons sucrées et les parcs à thème. Cela parasite la cohérence du plan, dont l’essentiel des mesures fiscales concerne le patrimoine, et donc les ménages les plus aisés, sans pour autant porter atteinte à la croissance.

Ne fallait-il pas aller plus loin sur la dépense ?
La dépense est extrêmement rigide
. Nous n’avons plus de marge sur les dépenses de fonctionnement ou de personnel. C’est donc sur les dépenses d’intervention qu’il faut agir, mais cela suppose des réformes d’ampleur qui ne se font pas à quelques mois d’une présidentielle. Il faudra recentrer nos dépenses d’assistance, d’assurance-maladie ou de chômage, comme nos voisins allemands ont su le faire il y a quelques années.

Les dépenses 2012 seront réduites de 1 milliard d’euros. Que préconisez-vous ?
Soit on parvient à identifier des économies possibles
, mais l’expérience m’a montré que c’est toujours bon pour le voisin, jamais pour soi. La seconde méthode est plus primaire : on applique une réfaction sur l’ensemble des missions et programmes. Cela signifie alors un effort d’environ 1 %, certaines dépenses étant exclues, comme le service de la dette ou l’emploi, ou les prestations.

Les députés siégeront le 6 septembre. N’est-ce pas un délai trop court ?
C’est une procédure tout à fait inhabituelle
. La lettre rectificative sera examinée mercredi en Conseil des ministres et les députés siégeront en séance le mardi suivant ! C’est un vrai défi pour le rapporteur général du budget qui doit expertiser les mesures. Or certaines sont massives, notamment la réforme des plus-values immobilières, un enjeu à 2,2 milliards d’euros dont les conséquences sur l’économie générale de l’immobilier peuvent s’avérer très lourdes. Comment pourrons-nous exercer notre pouvoir d’amendement ? Par cohérence, je proposerai d’ailleurs de supprimer les abattements sur les plus-values mobilières, qui entrent en vigueur l’an prochain. Pourquoi créer une nouvelle niche alors qu’on veut les supprimer ?

Propos recueillis par Véronique Le Billon, Les Echos