Gilles Carrez

Député de Bry, Champigny, Nogent & Le Perreux

La tribune, décembre 2008

Point de vue de Gilles CARREZ et Hervé MARITON, Députés UMP

L’unanimité apparente qui accompagne l’idée de relance ne doit pas servir une stratégie trop dispersée qui affaiblirait l’efficacité de la politique conduite tout en augmentant son coût, alors même que nos finances publiques sont en difficulté. Quelques principes doivent guider une bonne relance de l’économie.

1. Maintenir la pression sur le système financier. La crise a débuté par une crise financière et bancaire. L’extension de la mobilisation publique ne doit se faire ni au détriment des moyens consacrés à la restauration du crédit, ni en atténuant les obligations de résultat faites aux acteurs financiers. L’attention ne doit pas faiblir sur les problèmes d’origine, leur traitement immédiat, la recherchez de solutions durables.

2. Tenir un discours de vérité aux Français. Il s’agit d’une vraie crise de caractère mondial, à l’aune de laquelle les années précédentes ne sont plus si grises. Elle appelle des remises en cause et des réformes en profondeur.

3. Expliquer que la relance aura un coût, que l’argent public est rare et oblige aux meilleurs choix, et qu’après l’exaltation du retour du politique, il faudra faire des efforts accrus pour accélérer l’indispensable rétablissement des finances publiques. Qui, sinon, pourrait payer pour la crise suivante ? le G20 comme l’Union Européenne ont rappelé que l’intervention publique doit se faire dans le souci de retour à meilleure fortune.

4. La priorité doit être placée sur l’investissement, mais pas n’importe lequel. D’un côté, l’investissement public doit avoir pour contrepartie une création d’actifs ; de l’autre, le soutien à notre économie doit permettre aux entreprises d’améliorer leur compétitivité durablement. Si des mesures de court terme sont nécessaires compte tenu du ralentissement de la croissance, elles ne peuvent porter uniquement sur le pouvoir d’achat. La prime à la casse automobile a le mérite d’être non reconductible, écologiquement intelligente, efficace à court terme. La simplification de l’aide à l’investissement locatif, que nous proposons de transformer en réduction d’impôt, pourrait utilement relancer le secteur du logement et l’emploi. L’objectif premier est de résorber le déséquilibre actuel du marché du logement.