Gilles Carrez

Député de Bry, Champigny, Nogent & Le Perreux

Comment expliquez-vous que des villes et des communautés urbaines se retrouvent très endettées ?

 

L’endettement de certaines collectivités est lié à des choix de gestion. Le départ d’entreprises provoque par ailleurs une dégradation de l’assiette fiscale. Mais on ne peut passer sous silence les investissements somptuaires tels que les hôtels de département et avant cela les mairies, et la construction d’équipements (piscine, patinoire auditorium, centres culturels divers et variés…) qui tous entraînent des dépenses de fonctionnement. Jusqu’en 2001, Paris ne s’est pas endettée mais, au rythme où vont les choses, elle va le devenir, moins à cause d’un problème de constructions que de fonctionnement. C’est ce qui se produit quand on ne maîtrise pas les dépenses de personnel. Ce n’est pas un problème de sensibilité, de droite ou de gauche, c’est un phénomène tout à fait partagé par les deux camps.

 

  

La réforme des collectivités locales renonce à supprimer les départements, mais elle les vide de leur substance. Pourquoi ?

 

La suppression est trop lapidaire. On peut s’interroger sur le rôle du département en Ile-de-France et là où il se retrouve coincer entre la région et une grosse commune ou une intercommunalité. Mais plus de la moitié des départements sont ruraux. Or c’est un très bon échelon de gestion sociale. De là en faire une entité indépendante ayant compétence générale, non. Les Anglais et les Allemands ont supprimé des échelons, alors que la France vit encore sur des concepts d’organisation ne prenant pas en compte la diversité de notre pays. Notre densité par kilomètre carré étant des plus faibles, on ne peut pas avoir la même gestion territoriale que nos voisins.

 

La dette de la France s’élève à 1500 milliards d’euros. De ce montant, quelle part est imputable aux collectivités locales ?

 

La part des collectivités locales est relativement faible. Elle s’inscrit dans une fourchette de 120 à 150 milliards d’euros. Cela s’explique par une règle comptable et juridique qui impose aux collectivités locales de n’emprunter que pour investir. Elles ne peuvent pas le faire pour rembourser les intérêts de la dette.

 

 

Propos recueillis par Denis DEMONPION