Gilles Carrez

Député de Bry, Champigny, Nogent & Le Perreux

Entretien de votre député, Rapporteur Général du budget à l’Assemblée nationale, paru dans le journal « Libération », le 7 décembre 2011.

Libération: Faut-il un troisième plan de rigueur ?

Gilles Carrez: Non. Nous sommes engagés sur une trajectoire de réduction progressive du déficit public, il faut la respecter quoi qu’il arrive. Elle doit ramener le déficit de la France à 5,7% du PIB à la fin 2011, puis à 4,5% en 2012 et 3% en 2013. Au vu des rentrées fiscales, nous serons dans les clous en 2011.

L:Et après ?

GC: L’hypothèse de croissance est de 1% pour 2012 mais, dans le cas où elle serait inférieure, une réserve existe : 8 milliards de crédits sont gelés pour faire face à une dégradation. Notre trajectoire de désendettement est assez rapide, ce serait une erreur de l’accélérer.

L: Pourquoi ?

GC: Il ne faut pas casser la consommation, qui est le moteur de l’économie française, particulièrement pour les classes moyennes et populaires, dont le pouvoir d’achat doit être protégé.

L: La rigueur ne tue-t-elle pas la croissance ?

GC: Elle est largement préservée par les deux plans déjà mis en place. Les prélèvements nouveaux portent principalement sur le patrimoine, donc sur les ménages plutôt aisés. Quant aux entreprises, ce sont les plus grosses qui ont été mises à contribution, pas les PME. A la différence de nos voisins, on n’a pas touché aux allocations et aux transferts sociaux, ce qui permet d’amortir les effets de la crise.

L: Il n’y a rien à faire alors ?

GC: Le problème aujourd’hui est moins celui d’un ajustement budgétaire que d’une amélioration de la politique monétaire européenne afin de détendre les marchés. Non seulement un nouveau plan serait contre-productif pour la France, mais il ne changerait rien au financement de la dette française, qui se fait aujourd’hui dans des conditions satisfaisantes. Pour réussir, le désendettement doit se faire de manière ferme et stable en s’inscrivant dans la durée. Les ajustements à répétition et sous la pression ne servent à rien.

Sources: http://www.deputes-ump.fr/
Reprise de l’entretien au journal Libération paru le 7 décembre 2011.